Les Crampons du Murgat

L’Eglise St-Avit et l’enclos

LES ORIGINES

La première église paroissiale de Carlat, dédiée à Saint Avit et construite sur le Roc, fut détruite en 1604 lors du démantèlement de la forteresse. L’actuelle église, dite Saint‑Avit II, édifiée au début du XVIᵉ siècle, prit alors le relais. Elle devint à la fois l’église paroissiale et le siège de la commanderie des Hospitaliers de Saint‑Jean‑de‑Jérusalem, qui la placèrent aussi sous le patronage de Saint Jean‑Baptiste.

Sa construction est traditionnellement attribuée à Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et vicomtesse de Carlat. Ses armoiries, autrefois visibles à la clef de voûte du chœur, figurent encore au‑dessus du portail. Anne de Beaujeu succéda à Jacques d’Armagnac, exécuté en 1477, et honora le contrat que celui‑ci avait conclu en 1468 avec les Hospitaliers.

Armes d’Anne de Beaujeu
au dessus du portail d’entrée

L’église actuelle reprend pour l’essentiel le plan du XVIᵉ siècle, avec deux chapelles latérales et un chœur à chevet polygonal. Construite sur un terrain instable et touchée par un incendie en 1630, elle a dû être restaurée à plusieurs reprises. Les voûtes d’origine ont disparu, remplacées par des voûtes en lattis, tandis que le portail a été conservé. À l’extérieur, on distingue encore, très érodés, des masques et animaux sculptés sur la corniche et les contreforts. Le clocher « à peigne » fut renforcé en 1708 par un large contrefort décentré.

Classée Monument historique en 1987, l’église a bénéficié d’une importante campagne de restauration entre 2001 et 2003. Le chantier — d’un montant de 797 300 € — a été financé par l’État, le Département, la Commune et la Région.

Les travaux ont consisté à consolider l’édifice grâce à un squelette en béton armé intégré dans les murs, à refaire entièrement la charpente et la couverture en schiste, et à reconstruire les fausses voûtes en lattis de peuplier. À l’intérieur, l’église a retrouvé l’aspect qu’elle présentait lors des restaurations anciennes, et le maître‑autel a retrouvé sa polychromie du début du XIXᵉ siècle.


LE MAÎTRE-AUTEL

Réalisé à la fin du XVIIᵉ siècle dans l’esprit de la Contre‑Réforme, le retable majeur est un véritable chef‑d’œuvre, étonnant dans une église de village comme Carlat. Classé Monument historique depuis 1964, il figure parmi les trois retables les plus remarquables du Cantal selon l’archiviste Léonce Bouyssou, auteur de Retables de Haute‑Auvergne (XVIIᵉ‑XIXᵉ siècles).


LES CHAPELLES

Les chapelles formant les ailes du transept ont été édifiées à la demande de deux familles de hobereaux. La chapelle Sud fut construite pour le seigneur de Loubégeac et la chapelle située au Nord pour la famille Résigade dont le chef arborait les titres de seigneur de Cabanes et de la Peyreficade.


L’ORDRE DE « RAZEMENT »
DE LA FORTERESSE

La vicomté de Carlat a longtemps occupé une place centrale dans l’histoire de la Haute‑Auvergne, qu’elle domina jusqu’à la Révolution.
En mai 1604, le château est entièrement rasé : il faudra sept mois pour appliquer l’ordre d’Henri IV. Nous sommes à la fin du Moyen Âge, au lendemain des guerres de Religion, et Carlat connaît alors le même sort que de nombreuses forteresses. Leur entretien coûte cher et le pouvoir royal cherche à affermir son autorité en supprimant les places fortes jugées trop indépendantes.

L’inscription commémorative du « razement »
ordonné par le roi Henri IV et
conservée dans l’église
Le château de CARLAT au XVIème S.
Reconstitution hypothétique

L’ANCIEN CIMETIÈRE

Édifié au XVIème s. et récemment restauré, l’oratoire est inscrit depuis 1969 sur la liste des M.H.. Il abrite un autel maçonné support d’une croix et le tombeau de deux curés de la paroisse.

Le Monument aux Morts (1926), en « pierre de Chauvigny », est l’œuvre de J. Malet, statuaire parisien. À noter qu’il est identique à celui de Nasbinals en Lozère.


Jean-Baptiste RAMES

Derrière le monument aux Morts repose Jean-Baptiste RAMES, savant naturaliste re­connu, « inventeur » du stratovolcan cantalien et notable respecté, dans ce Carladès qu’il connais­sait si bien pour l’avoir arpenté pendant plusieurs années.


En quittant l’église, redescendre sur la route départementale et prendre le trottoir opposé, suivre la route, pour ensuite remonter dans le bourg, jusqu’à la prochaine borne où se situe une maison typique du village : « l’ostal del cordonièr » avec son enclos ombragé.

Sources
 Inventaire topographique de Vic-sur Cère – Ministère de la Culture 1984
 Deux églises – Un clocher -Une commanderie – Lucien GERBEAU 2006